RENCONTRES...

Affichage des articles dont le libellé est 2014. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 2014. Afficher tous les articles

mercredi 17 février 2016

JE, D'UN ACCIDENT OU D'AMOUR - LOÏC DEMEY

"Je, Hadrien. Et Adèle en tête. Elle m'obsession. Ses grands yeux verts dans mon regard me folie, ivresse d'Adèle. "
Je, Leila aka Leeloo, lecture cet OLNI (Objet littéraire non identifié). Je conquête au plus haut point. Je désarçonnement absolu, mais  je aucune lassitude à la lecture, ni problème de compréhension, je investissement franc dans ce livre à mi-chemin entre poésie et nouvelle. Je remplissage des vides sans appréhension ni difficulté.
A ce stade, vous devez vous demander si vous allez continuer à suivre ce blog, si je me fiche un peu de vous, ou si vraiment je suis tellement « enlivrée », que j’en perds mon français, et bien non ! J’ai commencé cette chronique dans le même style que l’auteur, tout en sachant que je ne pourrai l’égaler. Il a tout simplement eu l’idée d’omettre les verbes, qu’ils soient conjugués ou à l’infinitif, et les a troqués en noms, adjectifs ou adverbes. Il nous fait vivre en peu de pages (48) la fulgurance d’une rencontre, entre Hadrien et Adèle.

Hadrien est en couple avec Delphine, le coup de foudre pour Adèle lui fait perdre la tête, Delphine et le verbe.

« On se trente ans passés avec pas l’envie de seul. On se fatalité, on se facilité. On se quotidien, on se tablette tactile et téléphone portable au petit-déjeuner. Le soir, on se télévision on lit. Elle se séries, je me navets. Et l’on se corps de moins en moins. Notre couple s’usure. Jusqu’à la corde.[…] On se calme plat. Je me morne, elle se plaine. Elle se train-train, je me ligne droite. On se routine, on se déroute. Dans le fossé. »

Sans verbe, mais avec verve, il sublime l’amour, cet amour qu’il décrit : « On se tête-à-tête, elle s’Aphrodite. Je m’aphrodisiaque. Je lèvre sa nuque, elle langue mes lèvres… » 

Je ne vous en dis pas plus, sauf qu’ill vous suffit d’apprivoiser les premières lignes, et je vous assure, vous ne le lâcherez plus !

Cheyne Editeur 
Date de parution: 01/09/2014




Né en 1977 à Amnéville (Moselle), Loïc Demey est professeur d’Education Physique et Sportive dans un collège. Il vit en Lorraine.

S’inspirant des univers poétiques et musicaux, tant au niveau du texte que celui de la mélodie, il aime à détourner et bousculer la langue afin d’y trouver la bonne tonalité et la mettre au service de l’histoire. Puisque le réel ne peut être raconté, il tente de dire ce qu’il en reste. A savoir sa sensation.


Je, d’un accident ou d’amour est sa première publication.

mardi 8 décembre 2015

LA FÊTE DE L'INSIGNIFIANCE - MILAN KUNDERA

Jeter une lumière sur les problèmes les plus sérieux et en même temps ne pas prononcer une seule phrase sérieuse, être fasciné par la réalité du monde contemporain et en même temps éviter tout réalisme, voilà  La fête de l'insignifiance.


Un zeste d’humour, un soupçon de philosophie et une goutte d’histoire, voilà le cocktail servi lors de la « fête de      l’insignifiance »



« Nous avons compris depuis longtemps qu'il n'était plus possible de renverser ce monde, ni de le remodeler, ni d'arrêter sa malheureuse course en avant. Il n'y avait qu'une seule résistance possible: ne pas le prendre au sérieux. »

Ça donne le la, n’est-ce pas ?

On a beau escamoter  l’absurdité de la nature humaine, Milan Kundera nous la révèle singulièrement certes, mais sans insignifiance !

Un texte court, que l'on soupçonne léger, mais il s'avère être un concentré de lucidité et de perspicacité.


Date de parution format poche Folio: 29/10/2015
Broché Gallimard : 03/04/2014

140 pages

mardi 24 mars 2015

MERCI POUR CE MOMENT - VALERIE TRIERWEILER

J'ai longuement hésité avant de poster cette chronique, qui fut rédigée il y a plusieurs mois, et pour être précise, quelques jours après la sortie du livre.
D'aucuns me diront, oui tu as honte de dire que tu l'as lu, je répondrais non, j'ai lu pire en 2014 (50 nuances de Grey)
Si je poste cette chronique aujourd'hui, c'est pour répondre aux amis qui souhaitaient me voir écrire quelque chose de moins élogieux, je les invite également à lire ma chronique sur L'oubli et Pétronille de A. Nothomb. Cette parenthèse fermée, voici ce que j'en ai pensé:

C'est un mélange de Voici/Gala et d'un roman à l'eau de rose - type Harlequin-. Sauf que dans les Harlequin, les héros se marient à la fin et vivent heureux ! Là vous n'êtes pas sans savoir que le couple présidentiel n'est plus !!
Aucun intérêt littéraire bien évidemment, mais beaucoup de secrets d'alcôve.
À sa lecture, plus j'avançais dans les pages, plus j'avais honte. Honte pour la femme que je suis et honte pour l'humain que je suis.

En tant que femme :
Une femme trompée, bafouée et de surcroît jalouse, peut légitimement penser ce qu'a écrit Valérie. Oui je la comprends. Personne n'aimerait être à sa place. La "première dame" illégitime, avec le sobriquet fort dégradant de petite amie. Mise à l'écart pour les événements importants, trompée et trahie. 
Autant je peux comprendre son désarroi et son malêtre, autant je n'arrive pas à comprendre que cela soit mis sur la place publique. Je précise: je ne porte ni l'un ni l'autre dans mon cœur, et ne souhaite aucunement me faire l'avocat du diable!  En revanche, à mon avis,  les histoires de couples, doivent rester dans la chambre à coucher. J'étais mal à l'aise à la lecture de certains passages, je n'avais pas envie d'apprendre des détails aussi intimes. Je ne m'en sentais pas la légitimité ...

En tant qu'humain :
Valérie vient d'une ZUP, elle nous le rappelle à tous les chapitres. Les journalistes lui ont collé l'étiquette d'une femme hystérique, là, elle souligne sans se rendre compte un énorme complexe d'infériorité. Elle en veut à François de venir d'un milieu bourgeois. A Gayet également. Elle en veut encore et toujours à François d'avoir été le compagnon d'une femme politique avec une grande notoriété. Même si elle est persuadée que si François l'a mise à l'écart c'est parce qu'il aurait souffert du poids politique de son ex. Et qu'il ne voulait pas que sa compagne soit mise sous les projecteurs, cela est dû à son métier de journaliste. On se rend compte, que c'est une femme qui n'assume pas le milieu défavorisé dont elle est issue, même si elle répète inlassablement que cela fait sa fierté. J'ai mal en tant qu'être humain parce que ce genre de complexe ça se traite chez un psy, ça ne s'écrit pas dans un livre qui se vend mieux que des petits pains.

L'image brossée de François: il n'aime pas les pauvres, un bourreau de travail, un menteur dans les affaires de couples, un hypocrite, entouré de ministres incompétents qui ont été choisis pour leur lien avec le président et j'en passe!

Une femme trahie peut écrire des horreurs, mais là il y en a tellement que le livre en devient une.

dimanche 9 novembre 2014

CHARLOTTE - DAVID FOENKINOS

«Charlotte a appris à lire son prénom sur une tombe»


Telle est la première phrase de ce roman/biographie Charlotte (Salomon) de David Foenkinos, mais je préfère commencer par ma rencontre avec ce livre avant de parler de son contenu. Il y a deux semaines, roulant pour un petit bout de temps, je tombe sur une émission radio où Foenkinos était invité pour parler de son dernier roman ! Toutes les antennes étaient de sortie ! A la fin de l’émission, et dès que j’ai coupé le contact j’ai googlé Charlotte Salomon, car je vous avoue je ne voyais pas du tout de qui il s’agissait ! J’avais bien entendu compris qu’elle avait vécu pendant la seconde GM, qu’elle était peintre, mais son nom ne me disait rien ! Vu l’obsession de Foenkinos pour cette jeune femme, dont il a découvert par hasard l’œuvre à Berlin, mais au point de marcher sur ses traces dans toutes les régions où elle avait vécu, je sentais que mon obsession naissait…

Le plus surprenant dans Charlotte c’est la façon dont le livre est écrit, je laisse Foenkinos vous l’expliquer :
« J’ai tenté d’écrire ce livre tant de fois.
Mais comment ?
Devais-je être présent ?
Devais-je romancer son histoire ?
Quelle forme mon obsession devait-elle prendre ?
Je commençais, j’essayais, puis j’abandonnais
Je n’arrivais pas à écrire deux phrases de suite.
Je me sentais à l’arrêt à chaque point.
Impossible d’avancer.
C’était une sensation physique, une oppression.
J’éprouvais la nécessité d’aller à la ligne pour respirer.
Alors, j’ai compris qu’il fallait l’écrire ainsi. »
Et pour ma part j’ai compris pourquoi Foenkinos en était obsédé, c’est un destin tragique hors normes, une surdouée de la peinture. Charlotte écrit, et peint l’histoire de sa famille. Une oeuvre « Leben? oder Theater? » Vie ? Ou Théâtre ? de plusieurs centaines de feuilles retraçant l’intégralité de sa vie, par ailleurs le jour où elle a dû s’en séparer et la confier à un ami, elle lui dit « Gardez-les bien, c’est toute ma vie ! »

Une œuvre peinte dans l’urgence, dans une sorte d’apnée artistique déroutante.
Une vie sous forme de peintures lumineuses contrairement à sa vraie vie qui n’était que souffrance, douleur, une litanie macabre de suicidés, de déportations, d’interdits et surtout beaucoup d’humiliation !
Mais dans tout ce malheur, la chance peut sourire par moments, Charlotte par un miracle encore plus insensé que les horreurs qu’elle vivait, fut admise à l’école des beaux-arts de Berlin ! Elle connut également l’amour, elle a rencontré des personnes qui l’ont aidée ! Mais… elle a fini sa vie, enceinte, nue avec le numéro d’un portant à retenir, pour pouvoir retrouver ses vêtements après la douche !

L’horreur de la guerre dans toute sa splendeur ! La splendeur d’une artiste dans toute cette horreur !
Pour moi Foenkinos sort du registre « lecture légère », et intègre le registre « auteur en pleine maturité »... à cueillir, j’attends avec impatience son prochain fruit !

ET CERISE SUR LE GATEAU !!!! LE PRIX RENAUDOT 2014 A ETE ATTRIBUE A DAVID FOENKINOS POUR CHARLOTTE







DEUXIÈME CERISE SUR LE GÂTEAU !!!! UN DOUBLE EXCEPTIONNEL LE GONCOURT DE LYCÉENS!!