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samedi 8 octobre 2016

UNE CHANSON DOUCE - LEILA SLIMANI

Une chanson douce ♪♫♪♪ devenue requiem !

« Le bébé est mort. Il a suffi de quelques secondes. Le médecin a assuré qu’il n’avait pas souffert […] La petite, elle, était encore vivante quand les secours sont arrivés… »

Un incipit presque digne de L’étranger de Camus, la curiosité est attisée, on veut en savoir plus. Beaucoup plus sur ces infanticides perpétrés par cette fascinante et mystérieuse nounou Louise. « C’est elle qui tient les fils transparents sans lesquels la magie ne peut advenir. Elle est Vishnou, divinité nourricière, jalouse et protectrice. Elle est la louve à la mamelle de qui ils viennent boire, la source infaillible de leur bonheur familial. »

Sa présence est indispensable, mais reste temporaire. Paul et Myriam ferment sur elle des portes qu’elle voudrait défoncer. Elle n’a qu’une envie : faire monde avec eux, trouver sa place, s’y loger, creuser une niche, un terrier, un coin chaud. Elle se sent prête parfois à revendiquer sa portion de terre puis l’élan retombe, le chagrin la saisit et elle a honte même d’avoir cru à quelque chose.

La descente aux enfers de la famille Massé est très bien contée par Leila Slimani. Elle réussit à mettre en place une atmosphère glaciale, oppressante, mettant mal à l’aise le lecteur, devenant petit à petit spectateur impuissant, par moments on se croirait dans un polar.

Mais au fil des pages, les personnages s’essoufflent, et perdent en profondeur, notamment celui de Paul le père. C’est le portrait d’un couple carriériste face à un drame psychologique. L’amer envers du décor quand on veut concilier vie familiale et vie professionnelle.

Et puis le roman s’arrête, on se rend compte que le soufflé est retombé et qu’on est loin des promesses de l’incipit. Est-ce que je suis passée à côté parce que je ne suis plus concernée par les nounous, n’aurais-je pas vécu cette angoisse comme il se devait ?


Chanson Douce, encensé par la critique, est pour moi, très loin de la révélation de cette rentrée littéraire. Son premier roman, Dans le Jardin de l’ogre était plus abouti. 




4ème de couverture :
Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.
A travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant

5 commentaires:

  1. Excellente chronique Soeurette. J'avais également beaucoup apprécié son précédent roman. Je me ferai ma propre idée.

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    1. C'est ce qu'il faut faire.
      Et puis la condescendance ce n'est pas mon fort ;) je ne pouvais pas dire que c'est un coup de coeur, alors que ce n'est pas le cas
      Ça reste un livre à lire mais "too much ado about un petit chouïa " ;)

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  2. Il m'attire depuis sa sortie et je l'ai dans ma PAL. Sauf que j'hésite encore à le lire, surtout avec ton ressenti "du soufflé qui tombe". En tout cas, merci pour ta belle chronique. Cela fait du bien de te relire ;-).

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    1. l'histoire du soufflé n'engage que moi ;) peut-être l'apprécieras-tu à sa juste valeur! Merci pour ton retour! bises

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